24.9 C
Dzaoudzi
lundi 6 février 2023
AccueiljusticeIl attache le petit copain de sa fille à un arbre

Il attache le petit copain de sa fille à un arbre

CARNET DE JUSTICE DU JDM. Cette relation était inacceptable pour lui. Voir sa fille de 14 ans fréquenter un jeune homme de 16 ans, voilà quelque chose que ce père de famille n’était pas prêt à admettre. Plusieurs fois, il avait tenté d’entrer en contact avec la famille du garçon, peut-être pour officialiser ce lien, mais personne n’avait jamais fait le déplacement. Et le voici à la barre du tribunal, ce mercredi 30 avril, pour expliquer son geste. Il est poursuivi pour menaces et séquestration.

Porte de la salle d'audience du TGI de MamoudzouCe soir-là, la jeune fille rentre de l’école coranique accompagnée de son copain. C’est alors que le père surgit pour mettre un terme à cette histoire. Il attrape le garçon par le col et le contraint à le suivre chez lui. En chemin, ils croisent un autre homme qui, loin de porter assistance à l’adolescent, lui affirme qu’il serait déjà mort si cette relation avait impliqué sa propre fille.

Une fois dans la cour de l’habitation, le père sort alors un couteau, une corde et attache le jeune homme à un arbre, par les mains.
«C’était une correction, explique l’homme à la barre. Je ne voulais pas qu’il parte comme ça. Je ne voulais pas que ça se répète.»
Il aurait ensuite menacé de lui couper les doigts avec le couteau ou de faire en sorte «qu’il soit moins beau, comme ça, sa fille l’aimerait moins.» Et à sa fille, justement, qui assiste à la scène, il lui demande d’aller se coucher pour ne pas qu’elle voit le sang couler. L’adolescente obtempère, son père s’est déjà montré violent. Cette fois finalement, il ne mettra pas ces menaces à exécution.

«Est-ce que c’est normal de faire ça ?» demande le juge Soubeyran. «Je ne sais pas», répond simplement l’homme. «Est-ce que la loi vous autorise à faire ça ?» poursuit le juge. «Je ne sais pas», obtiendra-t-il comme seule réponse.

Il explique alors qu’il les a déjà surpris plusieurs fois ensemble. «Moi, je lui dis qu’il faut qu’elle continue ses études.» On comprend alors, qu’une adolescente qui fréquente un garçon doit, dans l’idée du père, se marier et abandonner toute vie sociale.

Le jeune homme attaché à 22h parvient à se libérer vers minuit de ses liens. Il va porter plainte à la gendarmerie.

Le réquisitoire est accablant, la procureure s’emporte : «On pointe du doigt le fossé qui existe entre ce que je refuse d’appeler la tradition et la loi française. Et la loi française doit résister à ces façons de faire. La culture et la tradition, ce sont les fêtes, les jours fériés, les célébrations, les mariages cadiaux… Mais ce n’est pas un père qui va chercher le garçon qui fréquente sa fille pour l’attacher à un arbre et le menacer avec un couteau.
Je ne peux pas considérer comme de la culture et de la tradition de donner une gifle et des coups à sa fille parce qu’elle refuse d’apporter à manger à son père. Je ne peux pas considérer comme de la tradition, la société où une jeune fille de 17 ans doit se marier parce qu’elle a une relation avec un jeune homme. C’est le 21e siècle aussi à Mayotte et il faut que la société se vingt-et-unièmise !»

La seule réponse du père sera d’expliquer que sa «fille n’est plus vierge». Il est condamné à quatre mois de prison avec sursis.
RR
Le Journal de Mayotte

VOIR LES AUTRES CARNETS DE JUSTICE.

1 COMMENTAIRE

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

AVIS DE CONSTITUTION AUTO SHOP 976

139117
  Par acte SSP du 14/09/2022, il a été constitué une SAS dénommée : AUTO SHOP 976 Siège social : 25 Rue Bahoni 97615 Pamandzi Capital :...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Campagne, politique, Mayotte

Tribune – De l’art du discours à la formule

139117
Qui pour relever les défis de nos grands orateurs du passé ? Peu de noms émergent de la tribune de Madi Abdou N'tro, voire aucun, sur les dernières campagnes, laissant sans doute "un sentiment d'imposture" chez les électeurs

Départementales Sada : remaniements en vue au conseil départemental

139117
L’issue du scrutin a parlé : c’est donc le binôme Soula Saïd Souffou/Mariam Saïd Kalame qui intègre les bancs de l’assemblée départementale. Ce qui implique des réélections au menu du conseil départemental les jours prochains. Avec l’éventualité d’une refonte complète des vice-présidences, comme nous l’expliquons

Départementales partielles : Soula S. Souffou et Mariame S. Kalame élus avec 52,26% des voix

139117
Ils étaient en tête au premier tour, et ont creusé l’écart à l’issue du second : le binôme surprise Souffou/Kalame qui n’était pas présent sous cette configuration en 2021, est le nouveau duo d’élus qui intègre le conseil départemental.
Comores, Azali Assoumani

Comores : un ténor de l’opposition appelle à une désescalade politique

139117
L’ancien gouverneur de la Grande-Comores, Mouigni Baraka Said, estime qu’il est temps de dialoguer avec le président Azali Assoumani dans l’intérêt du pays et de la population. L’homme politique se reconnait toujours dans l’opposition mais s’oppose toutefois à "ces querelles sans fin et sans véritable perspectives de sortie de crise". Une démarche mal digérée par les autres opposants qui refusent tout dialogue avec le président Azali Assoumani depuis son élection le 24 mars 2019.
Départementale, Sada, Mayotte

Départementales partielles à Sada : Saïd Souffou-Mariam Kalame en tête

139117
Le 1er tour de l'élection partielle des conseillers départementaux du canton de Sada se tenait ce dimanche 25 septembre. Le canton est toujours scruté de prés pour être l'un des épicentres politiques locaux. Les élections...