27.9 C
Dzaoudzi
jeudi 22 février 2024
AccueilEconomieAgriculture : Pour en vivre, il ne faut pas mettre tous ses...

Agriculture : Pour en vivre, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier

Zébus-MontbelliardesPour preuve de la considération portée au métier d’agriculteur, à la question « Wawé ou fagna hazi ? » (Avez vous un travail ?), la réponse n’est positive que dans le cas d’un fonctionnaire ou d’un salarié du secteur privé. « A Mayotte, les petits commerçants occasionnels ou les agriculteurs ne seraient pas des gens qui ‘fagna hazi’ », remarque l’étude.

La raison, il faut la chercher dans le côté peu structuré de l’agriculture, où les employés sont souvent rétribués en produits agricole ou selon le système de musada, d’échanges de service. Et pourtant, à travers ces multiples mini-exploitations, « le secteur agricole occupe plus d’un tiers de la population active, procurant une autosuffisance alimentaire à 80% des habitants en fruits et légumes », et garantissant ainsi une « stabilité sociale ». Quasiment un revenu de solidarité pour personnes actives…

Difficile de se faire une idée actualisée, le dernier recensement agricole date de 2010 à Mayotte. Depuis celui de 2003, le nombre de travailleurs agricoles à temps plein a chuté de 20.000 à 15.000.

Tout l’automne à creuser des sillons

Seulement 58% des chefs d’exploitation déclarent leur activité agricole comme principale, et 90% des actifs appartiennent au « ménage agricole », propriétaire de l’exploitation, seulement 10% sont donc de la main d’œuvre issue de l’extérieur, soit 10.000 personnes (Recensement 2003). Certains sont rétribués selon la musada mahoraise, mais une majorité est payée au noir. La revue Autrepart citait en 2007 un agriculteur : « Si je veux faire défricher mon champ, et que je n’ai pas le temps, soit je paye quelqu’un, soit je fais une musada. Mais je ne pourrai pas payer un Mahorais, il le prendrait comme une insulte ».

Deux étudiantes en école d’agronomie avaient réalisé en 2014 une étude segmentant la population agricole en 6 catégories. Le bulletin de la DAAF en rapporte 3, significatives de la réalité.

Le ménage agricole classique, producteur de fruits et légumes sur 3 à 6 ha, et élevant une moyenne de 2 zébus et 3 caprins, employant une main d’œuvre saisonnière aux conditions décrites plus haut. « Leur production est autoconsommée à 80% ».

Revenus à compléterAgriculture champ

Deuxième catégorie, les actifs ayant un autre emploi, « le ménage double-mixte », qui produit sur 1 à 2,5 ha, « son autoconsommation est de 60% ». Et enfin, l’agriculteur sans papier, employé, et rétribué en octroi de mini parcelles de terrain. Il produit le plus souvent des tomates qui seront « vendues au bazardières de bord de route ».

Intuitivement, on peut comprendre qu’avec une telle organisation, les agriculteurs ne roulent pas sur l’or à Mayotte. Le ménage agricole classique comme l’agriculteur sans papier, gagnent entre 7.000 et 8.000 euros par an par actif. « Seuls les ménages double-actif atteignent le SMIG mahorais, avec 13.500 euros net par an en 2013 », mais grâce à leurs revenus extérieurs et aux aides sociales.

La DAAF appelle à relativiser : « Ce revenu peut paraitre faible au regard du SMIG mahorais, mais, sans vouloir trop comparer car les systèmes d’exploitation sont fondamentalement différents, il ne faut pas oublier qu’en métropole un agriculteur sur deux a gagné en 2016 moins de 354 €/mois (soit 4.250 €/an). »

Comparé aux salaires dans le privé ou l’administration, et à la pénibilité de la tâche, il y a fort à parier, et la DAAF s’y risque, que la plupart des agriculteurs seront en « pluriactifs ». Le « jardin mahorais », « modèle vertueux agro-écologique », donc, mais qu’il faut rendre productif.

Pour faire place aux jeunes, il va falloir « solutionner le problème de l’attribution du foncier, agrandir la surface moyenne par exploitation, tout en les professionnalisant afin que la valeur ajoutée nette par hectare soit plus importante. »

A.P-L.
Lejournaldemayotte.com

Anne Perzohttps://lejournaldemayotte.yt
Anne PERZO Le journal de Mayotte https://lejournaldemayotte.yt

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

AVIS DE CONSTITUTION AUTO SHOP 976

139522
  Par acte SSP du 14/09/2022, il a été constitué une SAS dénommée : AUTO SHOP 976 Siège social : 25 Rue Bahoni 97615 Pamandzi Capital :...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Campagne, politique, Mayotte

Tribune – De l’art du discours à la formule

139522
Qui pour relever les défis de nos grands orateurs du passé ? Peu de noms émergent de la tribune de Madi Abdou N'tro, voire aucun, sur les dernières campagnes, laissant sans doute "un sentiment d'imposture" chez les électeurs

Départementales Sada : remaniements en vue au conseil départemental

139522
L’issue du scrutin a parlé : c’est donc le binôme Soula Saïd Souffou/Mariam Saïd Kalame qui intègre les bancs de l’assemblée départementale. Ce qui implique des réélections au menu du conseil départemental les jours prochains. Avec l’éventualité d’une refonte complète des vice-présidences, comme nous l’expliquons

Départementales partielles : Soula S. Souffou et Mariame S. Kalame élus avec 52,26% des voix

139522
Ils étaient en tête au premier tour, et ont creusé l’écart à l’issue du second : le binôme surprise Souffou/Kalame qui n’était pas présent sous cette configuration en 2021, est le nouveau duo d’élus qui intègre le conseil départemental.
Comores, Azali Assoumani

Comores : un ténor de l’opposition appelle à une désescalade politique

139522
L’ancien gouverneur de la Grande-Comores, Mouigni Baraka Said, estime qu’il est temps de dialoguer avec le président Azali Assoumani dans l’intérêt du pays et de la population. L’homme politique se reconnait toujours dans l’opposition mais s’oppose toutefois à "ces querelles sans fin et sans véritable perspectives de sortie de crise". Une démarche mal digérée par les autres opposants qui refusent tout dialogue avec le président Azali Assoumani depuis son élection le 24 mars 2019.
Départementale, Sada, Mayotte

Départementales partielles à Sada : Saïd Souffou-Mariam Kalame en tête

139522
Le 1er tour de l'élection partielle des conseillers départementaux du canton de Sada se tenait ce dimanche 25 septembre. Le canton est toujours scruté de prés pour être l'un des épicentres politiques locaux. Les élections...