30.9 C
Dzaoudzi
lundi 22 avril 2024
AccueilEconomieMicro-manif pour une macro-piste

Micro-manif pour une macro-piste

Pour la 2ème manifestation de défense d’une piste longue, il n’y avait guère plus de monde que la précédente il y a un an. Il s’agissait pourtant d’une réaction à la déclaration erronée du président Macron sur l’investissement de l’Etat dans la sécurisation de la piste courte.

« Mais où sont les petits-terriens ?! »… Une interrogation que se posaient les 200 manifestants qui se pressaient malgré la pluie au rond point du Four à Chaux ce samedi. Ils ont espéré qu’ils grossiraient leurs rangs tout le long de la marche vers l’aéroport… en vain. Comme pour la manif de janvier 2018. D’ailleurs, nous aurions pu reprendre le même titre, « petite manifestation pour une grande cause ». Et pourtant, l’annonce de l’arrivée du président Macron aurait dû booster les muscles.

Car l’allongement de la piste avait obtenu un quasi consensus à l’issue du Débat public qui s’était tenu en 2011, avec approbation du conseil d’Etat. Le coût en fonction du scénario retenu, varie entre 178 et 282 millions d’euros.

La décision de descendre dans la rue un samedi n’avait rien d’une mobilisation Gilets jaunes de métropole, d’ailleurs rien de fluo dans la manif, mais fait suite à l’intervention d’Emmanuel Macron, qui répondait au président du Département Soibahadine Ramadani lors du Grand débat public avec les élus ultramarins, nous explique Saïd Hachim, un des leaders du Collectif des citoyens de Mayotte : « Le président de la République a invoqué un investissement de l’Etat de 14 millions d’euros dans la sécurisation de la courte piste de Pamandzi, mais c’est faux, ce sont des fonds européens. »

Les usagers paieront

Manifestation pour un rallongement de la piste

Même pas en réalité, et il semble que le président n’ait pas eu les bonnes infos. Comme l’avait expliqué aux médias Gérard Mayer, Président d’EDEIS Management, gérant de l’aéroport de Mayotte, les 12 millions d’investissement pour implanter des lits d’arrêt, équipement d’arrêt d’urgence des appareils rendu obligatoire par l’Europe, sont financés pour seulement 500.000 euros par l’Etat, même somme pour le conseil départemental (Contrat de projet Etat-Région), 3 millions d’euros de fonds européens FEDER, et 8 millions d’euros de la poche d’EDEIS. Une somme qu’il va récupérer sur les redevances appliquées à Mayotte… que les compagnies aériennes vont bien sûr répercuter sur le prix des billets. Non seulement l’Etat participe peu, mais ce sont les Mahorais qui vont payer. Et sur une mise aux normes de sécurité imposée par l’Europe.

La sécurisation des lits d’arrêt aurait du être terminée le 31 décembre 2017. Nous en sommes à la 2ème dérogation, sans quoi les gros porteurs ne pourront plus atterrir.

« Avec Air Austral, l’arnaque est Total »

Les portes de l’aérogare bien gardées, la manif ne fait que passer

La mission « Amélioration de la desserte aérienne de Mayotte » menée par Bernard Buisson, Conseiller Général de l‘Environnement et du Développement Durable, qui est venue du 23 au 31 octobre 2018 pour mener son enquête sur l’opportunité d’un rallongement de piste, « a entendu tout le monde », rapporte Saïd Hachim, « le préfet nous avait indiqué qu’elle sortirait en janvier, nous ne l’avons toujours pas, et le président Macron n’en a rien dévoilé lors de son intervention ! »

Comme le dénonçait une pancarte, « avec Air Austral, l’arnaque est Total », la mobilisation portait également sur les monopoles qui touchent l’aérien, donc le prix du billet d’avion, celui de la compagnie aérienne réunionnaise Air Austral, et celui de la société Total, pour le prix du kérosène, 80% plus cher qu’à La réunion, nous avait indiqué Ayub Ingar, le directeur d’Ewa, filiale d’Air Austral. En réalité, chacun se renvoie la balle, Air Austral qui se plaint des prix du carburant et des taxes aéroportuaires, Total qui signale que le prix du kérosène impacte peu le prix du billet, et EDEIS qui accuse l’Etat de ne rien faire.

Un des manifestant brandit les conclusions du Débat public

La marche a marqué une halte devant la station d’essence Total de Pamandzi, et à peine devant le dépôt SMSPP de l’aéroport, pour ne faire que passer devant l’aérogare, sans forcer les portes gardées par la gendarmerie.

Quel impact pour cette petite manif, qui scandait « on veut une piste longue », « Macron à Mayotte », on a aussi entendu des « Macron démission » ? Elle se sera tenue malgré les averses de pluies, les mêmes qui rendent problématiques les atterrissages sur les 1.930 petits mètres de piste.

Anne Perzo-Lafond

Anne Perzohttps://lejournaldemayotte.yt
Anne PERZO Le journal de Mayotte https://lejournaldemayotte.yt

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

AVIS DE CONSTITUTION AUTO SHOP 976

139512
  Par acte SSP du 14/09/2022, il a été constitué une SAS dénommée : AUTO SHOP 976 Siège social : 25 Rue Bahoni 97615 Pamandzi Capital :...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Campagne, politique, Mayotte

Tribune – De l’art du discours à la formule

139512
Qui pour relever les défis de nos grands orateurs du passé ? Peu de noms émergent de la tribune de Madi Abdou N'tro, voire aucun, sur les dernières campagnes, laissant sans doute "un sentiment d'imposture" chez les électeurs

Départementales Sada : remaniements en vue au conseil départemental

139512
L’issue du scrutin a parlé : c’est donc le binôme Soula Saïd Souffou/Mariam Saïd Kalame qui intègre les bancs de l’assemblée départementale. Ce qui implique des réélections au menu du conseil départemental les jours prochains. Avec l’éventualité d’une refonte complète des vice-présidences, comme nous l’expliquons

Départementales partielles : Soula S. Souffou et Mariame S. Kalame élus avec 52,26% des voix

139512
Ils étaient en tête au premier tour, et ont creusé l’écart à l’issue du second : le binôme surprise Souffou/Kalame qui n’était pas présent sous cette configuration en 2021, est le nouveau duo d’élus qui intègre le conseil départemental.
Comores, Azali Assoumani

Comores : un ténor de l’opposition appelle à une désescalade politique

139512
L’ancien gouverneur de la Grande-Comores, Mouigni Baraka Said, estime qu’il est temps de dialoguer avec le président Azali Assoumani dans l’intérêt du pays et de la population. L’homme politique se reconnait toujours dans l’opposition mais s’oppose toutefois à "ces querelles sans fin et sans véritable perspectives de sortie de crise". Une démarche mal digérée par les autres opposants qui refusent tout dialogue avec le président Azali Assoumani depuis son élection le 24 mars 2019.
Départementale, Sada, Mayotte

Départementales partielles à Sada : Saïd Souffou-Mariam Kalame en tête

139512
Le 1er tour de l'élection partielle des conseillers départementaux du canton de Sada se tenait ce dimanche 25 septembre. Le canton est toujours scruté de prés pour être l'un des épicentres politiques locaux. Les élections...