27.9 C
Dzaoudzi
jeudi 22 février 2024
AccueilCultureFace au déboisement, une union sacrée pour sauver le couvert forestier

Face au déboisement, une union sacrée pour sauver le couvert forestier

La plupart des acteurs oeuvrant à la protection des forêts étaient réunis ce mardi à la mairie de Ouangani pour parler de la protection des forêts. Le recul du couvert forestier serait responsable de la hausse des températures sur l'île, et constitue une menace pour tous ses habitants. L'heure d'agir ensemble en synergie semble bien avoir sonné.

Associations, Département, Etat, tous étaient réunis ce mardi à la mairie de Ouangani autour d’un enjeu commun : l’environnement. A l’origine, une saisine de la FMAE, la fédération mahoraise des associations environnementales, qui avait interpellé le CCEM, conseil de la culture et de l’éducation à l’environnement, une assemblée consultative qui donne des avis sur la politique du gouvernement dans les domaines de l’éducation, de l’environnement et de la formation professionnelle.

Naimoudine Ibrahim, chargé de mission environnement, tourisme et cadre de vie au CEEM

“Nous sommes réunis ici à Ouangani parce que la FMAE nous a saisis en 2019 sur la problématique des brulis, du défrichement et de l’érosion sur le territoire, pour alerter la classe politique sur ces problèmes”, explique Naimoudine Ibrahim, chargé de mission environnement, tourisme et cadre de vie au CEEM. “Nous avons eu l’idée d’organiser un séminaire le 8 décembre 2021. D’ici là nous organisons des ateliers pour les restituer le jour du séminaire. On a pu rassembler la DEAL, la DAAF, l’ONF et les services du Département. L’idée c’est de responsabiliser tous les acteurs, d’alerter, d’inciter les administrations. Il faut faire quelque chose. On a besoin de travailler en synergie, d’avoir cette cohésion. On doit former un ensemble d’acteurs, et mutualiser les moyens” poursuit-il.

L’atelier de ce mardi portait sur la question de la communication, essentielle pour que les habitants comprennent les enjeux liés à la protection des couverts végétaux.

“L’idée c’est de réfléchir à des campagnes avec des mots simples pour induire un changement et une prise de conscience des populations. Il y a un public qui est déjà sensibilisé, d’autres s’en foutent carrément, d’autres ont pour priorité d’avoir à donner à manger à leurs enfants. Il faut leur dire que la forêt nous nourrit mais qu’il faut qu’on la respecte”.

En effet, les forêts secondaires paient le prix fort, face à une pression anthropique de plus en plus impactante.

Le foncier, tête baissée

“Aujourd’hui on peut dire que le couvert végétal à Mayotte a fortement baissé. Entre 2011 et 2016 c’est plus de 300 hectares qui sont partis. On a tendance à couper les grands arbres pour cultiver, et maintenant on y voit surtout de la banane et du manioc. Ce phénomène nous impacte beaucoup, notamment sur la qualité de l’eau mais aussi sur le climat : à une époque à Mayotte on arrivait à distinguer les saisons. Aujourd’hui on constate que toute l’année il fait plus chaud, car on ressent la disparition du couvert végétal” poursuit Naimoudine Ibrahim.

Tous les acteurs publics réunis. Reste à convaincre les premiers concernés

La rencontre a aussi conclu à la nécessité de “responsabiliser sur la question du foncier”. La majorité des terres défrichées sont propriété du Département, une petite partie est du domaine privé. Dans tous les cas, le recul des forêts n’est pas une fatalité. , “C’est comme une maison, la campagne doit sensibiliser les Mahorais au fait qu’un terrain, c’est une richesse. Il faut voir comment travailler avec les cultivateurs sur l’agroforesterie, leur dire qu’il existe des techniques qui permettent d’exploiter les terrains pendant plusieurs années avec des rendements progressifs, plutôt qu’avoir un rendement une année et plus rien au bout de deux ou trois années. C’est de l’agriculture durable” insiste l’animateur de la réunion.

Après avoir réussi à réunir tous les acteurs institutionnels, cette campagne de communication à venir doit joindre à la dynamique les premiers intéressés : usagers, éleveurs, cultivateurs, entreprises. Il faudra pour cela convaincre  que grignoter le couvert végétal coûte plus que ça ne rapporte. Un vieux sujet, mais qui se fait de plus en plus pressant à mesure que l’eau potable se raréfie et que la population augmente.

Y.D.

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

AVIS DE CONSTITUTION AUTO SHOP 976

139522
  Par acte SSP du 14/09/2022, il a été constitué une SAS dénommée : AUTO SHOP 976 Siège social : 25 Rue Bahoni 97615 Pamandzi Capital :...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Campagne, politique, Mayotte

Tribune – De l’art du discours à la formule

139522
Qui pour relever les défis de nos grands orateurs du passé ? Peu de noms émergent de la tribune de Madi Abdou N'tro, voire aucun, sur les dernières campagnes, laissant sans doute "un sentiment d'imposture" chez les électeurs

Départementales Sada : remaniements en vue au conseil départemental

139522
L’issue du scrutin a parlé : c’est donc le binôme Soula Saïd Souffou/Mariam Saïd Kalame qui intègre les bancs de l’assemblée départementale. Ce qui implique des réélections au menu du conseil départemental les jours prochains. Avec l’éventualité d’une refonte complète des vice-présidences, comme nous l’expliquons

Départementales partielles : Soula S. Souffou et Mariame S. Kalame élus avec 52,26% des voix

139522
Ils étaient en tête au premier tour, et ont creusé l’écart à l’issue du second : le binôme surprise Souffou/Kalame qui n’était pas présent sous cette configuration en 2021, est le nouveau duo d’élus qui intègre le conseil départemental.
Comores, Azali Assoumani

Comores : un ténor de l’opposition appelle à une désescalade politique

139522
L’ancien gouverneur de la Grande-Comores, Mouigni Baraka Said, estime qu’il est temps de dialoguer avec le président Azali Assoumani dans l’intérêt du pays et de la population. L’homme politique se reconnait toujours dans l’opposition mais s’oppose toutefois à "ces querelles sans fin et sans véritable perspectives de sortie de crise". Une démarche mal digérée par les autres opposants qui refusent tout dialogue avec le président Azali Assoumani depuis son élection le 24 mars 2019.
Départementale, Sada, Mayotte

Départementales partielles à Sada : Saïd Souffou-Mariam Kalame en tête

139522
Le 1er tour de l'élection partielle des conseillers départementaux du canton de Sada se tenait ce dimanche 25 septembre. Le canton est toujours scruté de prés pour être l'un des épicentres politiques locaux. Les élections...