Depuis le 7 juillet 2014, le juge Hakim Karki est mis en examen pour un viol qui aurait été commis à Mayotte quelques jours auparavant. S’il est toujours magistrat, Hakim Karki est suspendu de ses fonctions et placé sous contrôle judiciaire depuis cette date.
Après 5 ans, l’instruction n’est toujours pas close. Le dossier est dans les mains des magistrats parisiens où l’affaire a été délocalisée. Deux options s’offrent aujourd’hui aux magistrats : le renvoi devant une cour d’assises de leur pair ou le non-lieu.
Selon le Parisien, Hakim Karki, qui reconnait la relation avec son accusatrice, mais nie toute contrainte ou violence, se dit victime d’un complot fomenté par une multinationale. Le 10 mars 2017, il aurait été reçu par le juge d’instruction en charge de son dossier. « Reçu dans ma boîte aux lettres des éléments concernant mon dossier. […] Je peux vous dire aujourd’hui avec certitude que c’était un coup monté et que la personne a été rémunérée pour faire cela. Je peux vous donner des éléments pour vous dire qui est le commanditaire et pourquoi ça a été fait », aurait-il indiqué, selon un second article du Parisien.
Le commanditaire serait une multinationale du CAC 40, dont certains responsables auraient été mis en examen par le magistrat à Mayotte. Pour étayer ses propos, il a remis aux enquêteurs une clef USB, qu’il dit avoir reçue un mois auparavant, avec le contenu de l’ordinateur de son accusatrice et dans lequel il aurait découvert des liens entre la présumée victime et cette multinationale.
Un mystérieux SMS
Les expertises judiciaires sur la clef USB n’ont pas pu appuyer les propos d’Hakim Karki, et son accusatrice, interrogé en juillet 2017 a nié toute implication. « Qu’il ait eu le culot de monter toute cette histoire, alors qu’il est juge d’instruction, ça remet complètement en question l’image de la justice que j’ai », a-t-elle déclaré selon des propos rapportés par le Parisien.
Mais autre élément troublant, le 21 avril 2018, Hakim Karki aurait reçu un SMS d’intimidation, dont le numéro aurait aussi été utilisé pour appeler le siège de la fameuse multinationale.
« Cette histoire de complot n’a aucun sens si ce n’est de gagner de temps, rétorque Me Tartour, l’avocate de la victime présumée au Parisien. Je m’étonne du crédit accordé tout au long de l’enquête aux déclarations du mis en cause qui ne reposent sur aucun élément sérieux. »
L’avocat d’Hakim Karki à Mayotte, Yanis Soilihi, en est lui convaincu : « C’est un coup monté ».
Ces nouveaux éléments entre en résonnance avec la demande du procureur de la République du TGI de Mamoudzou, il y a quelques semaines, de renvoyer l’ex-patron du GIR (groupement d’intervention régional), devant le tribunal correctionnel avec 7 autres personnes. C’est le juge Hakim Karki qui avait instruit cette affaire retentissante de trafic de drogue, couvert par des transports maritimes de clandestins, dans lesquels policiers et gendarmes du GIR pourraient être mouillés et dont l’origine est la mort de la jeune Roukia par overdose en 2011.
La rédaction