27.9 C
Dzaoudzi
lundi 27 mai 2024
AccueilEconomieSauver le cocotier de Mayotte

Sauver le cocotier de Mayotte

La 1ère Fête du Cocotier avait un but ce samedi : détailler les actions en cours pour sauver l’arbre en perdition à Mayotte. Elles sont centrées autour de la naissance d’une nouvelle espèce issue d’un mariage génétique.

Reproduction d'une case en cocotier
Reproduction d’une case en cocotier

« Emblème des Outre-mer », comme le rappelait le sous-préfet Philippe Laycuras, parfois un peu trop poussé lorsqu’on évoque les « diplômes cocotier », celui de Mayotte est en difficulté.

En 2000, les agriculteurs de Mtsangamouji sont inquiets, « ils ont cru que les cocotiers allaient disparaître », se souvient Dader OUbedi, Responsable génétique du cocotier au lycée agricole de Coconi. Une mission du Cirad, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, est dépêchée sur place qui dresse un constat alarmant : les cocotiers de Mayotte sont trop vieux, « 350 000 avaient plus de 50 ans ».

Or, comme le dira Roukia Lahadji, la maire de Chirongui, en présence du député Boinali Said, de la préfecture et de la CAPAM, lors de l’inauguration à Mramadoudou de la Fête du Cocotier, « toute notre vie tournait autour du coco : toits et murs des maison en feuilles tressée avant l’arrivée des maisons SIM, sans parler bien évidemment de l’alimentation ». Si le lait de vache a remplacé le lait de coco comme boisson matinale, « la noix garde sa place sur le plan culinaire ».

Un mariage… « devant le cadi », certifiaient les édiles du jour

Dader Oubedi trie les épis mâles des stigmates femelles
Dader Oubedi trie les épis mâles des stigmates femelles

Le verdict est tombé : « pour ne pas en être réduit à dire un jour ‘il était une fois le cocotier à Mayotte…’, nous devions régénérer l’espèce », explique le scientifique passionné, Dader Oubedi.

Si la conservation est indispensable, elle est repensée en terme de diversification : « nous avons choisi de marier l’espèce mahoraise du Grand local de Mayotte qui grandit vite au Nain jaune de Malaisie qui produit 4 fois plus, trois fois plus vite et reste naine, donc plus facile à exploiter ».

Une sorte de pendant horticole des « zébuliardes », reproduction des zébus avec les vaches Montbeliardes, qui sera d’ailleurs appelé « Maymalé », remix de « Mayotte » et de « Malaisie ».

Il y a quatre ans, les premiers tests sont faits : hermaphrodite, la fleur du cocotier Nain jaune va se voir amputer de ses épis mâles par la main de l’homme, « nous récupérons la semence mâle chez le Grand local de Mayotte, que nous broyons et séchons en laboratoire, pour ensuite le pulvériser sur les ovaires du Nain jaune, les stigmates, qui restent ouvertes pendant un mois ».

7 000 plantations par an

Les jeunes pousses et cocotiers hybrides
Les jeunes pousses et cocotiers hybrides

Trois mois après, de petites noix jaunes de l’espèce hybride sont déjà formées. A 12 mois, les noix de coco sont sèches, tombent au sol sur leur côté bombé, « la nouvelle pousse de cocotier va alors germer et sortir au bout de deux mois ». Le tour génétique est joué, et le petit cocotier, planté, deviendra grand.

Le seul bémol est la durée de vie, « 45 ans au lieu de 70 ans », glisse Dader Oubedi, mais avec une récolte plus précoce et plus rentable.

La programmation de cette opération est l’axe de la communication de l’Ammeflhorc*, « financée à 80% à part égale par l’Etat et le Conseil général », explique son président Chadhouli : « notre objectif est de vulgariser ces actions auprès du grand public pour le sensibiliser, mais aussi de suivre techniquement les agriculteurs vivriers et fruitiers ».

Le député Boinali Saïd Toumbou, le sous préfet Philippe Laycuras, Chadhouli, Roukia Lahadji et Mouslim Payet (CAPAM)
Le député Boinali Saïd Toumbou, le sous préfet Philippe Laycuras, Chadhouli, Roukia Lahadji et Mouslim Payet (CAPAM)

Il déplore être encore loin du but fixé, « 7 000 nouveaux cocotiers par an, alors que pour l’instant, 15 000 ont été plantés de 2010 à 2013 ». Roukia Lahadji s’est empressée de donner le ton en plantant un cocotier dans le jardin de l’école de Mramadoudou.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

* Association Mahoraise pour la modernisation de l’Economie Fruitière, légumière et horticole, et de la cocoteraie

Anne Perzohttps://lejournaldemayotte.yt
Anne PERZO Le journal de Mayotte https://lejournaldemayotte.yt

3 Commentaires

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

AVIS DE CONSTITUTION AUTO SHOP 976

139512
  Par acte SSP du 14/09/2022, il a été constitué une SAS dénommée : AUTO SHOP 976 Siège social : 25 Rue Bahoni 97615 Pamandzi Capital :...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Campagne, politique, Mayotte

Tribune – De l’art du discours à la formule

139512
Qui pour relever les défis de nos grands orateurs du passé ? Peu de noms émergent de la tribune de Madi Abdou N'tro, voire aucun, sur les dernières campagnes, laissant sans doute "un sentiment d'imposture" chez les électeurs

Départementales Sada : remaniements en vue au conseil départemental

139512
L’issue du scrutin a parlé : c’est donc le binôme Soula Saïd Souffou/Mariam Saïd Kalame qui intègre les bancs de l’assemblée départementale. Ce qui implique des réélections au menu du conseil départemental les jours prochains. Avec l’éventualité d’une refonte complète des vice-présidences, comme nous l’expliquons

Départementales partielles : Soula S. Souffou et Mariame S. Kalame élus avec 52,26% des voix

139512
Ils étaient en tête au premier tour, et ont creusé l’écart à l’issue du second : le binôme surprise Souffou/Kalame qui n’était pas présent sous cette configuration en 2021, est le nouveau duo d’élus qui intègre le conseil départemental.
Comores, Azali Assoumani

Comores : un ténor de l’opposition appelle à une désescalade politique

139512
L’ancien gouverneur de la Grande-Comores, Mouigni Baraka Said, estime qu’il est temps de dialoguer avec le président Azali Assoumani dans l’intérêt du pays et de la population. L’homme politique se reconnait toujours dans l’opposition mais s’oppose toutefois à "ces querelles sans fin et sans véritable perspectives de sortie de crise". Une démarche mal digérée par les autres opposants qui refusent tout dialogue avec le président Azali Assoumani depuis son élection le 24 mars 2019.
Départementale, Sada, Mayotte

Départementales partielles à Sada : Saïd Souffou-Mariam Kalame en tête

139512
Le 1er tour de l'élection partielle des conseillers départementaux du canton de Sada se tenait ce dimanche 25 septembre. Le canton est toujours scruté de prés pour être l'un des épicentres politiques locaux. Les élections...