23.9 C
Dzaoudzi
mercredi 24 juillet 2024
AccueilorangeTable ronde Medef : une entente laborieuse

Table ronde Medef : une entente laborieuse

La table ronde du Medef a accouché d’un relevé de conclusions en cinq points ce lundi, approuvé par deux signataires sur les cinq présents. La CFDT doit contacter sa base et les autres membres de l’intersyndicale et la FMBTP doit faire avaler une couleuvre à la Colas.

Balahache OUseni fait de la levée des sanctions un préalable
Balahache OUseni fait de la levée des sanctions un préalable

Il y a une chose que Thierry Galarme, le président du Medef, partage avec les syndicats de salariés : c’est la certitude que l’Etat français a négligé Mayotte depuis 1841. C’est pourquoi la proposition d’une transcription progressive du code du travail avec compensation financière de l’Etat pour tous les surcoûts consécutifs, est l’un des points phare du relevé de conclusions proposé par l’organisation patronale ce lundi.

Et peu importe que cela soit au prix d’une demande de levée des poursuites judicaires à l’encontre des délégués syndicaux. Une première de la part de patrons ! La balle serait donc dans le camp des directions des entreprises concernées, Somaco et Colas, sans qu’une date butoir n’ait été retenue.

Les syndicats qui avaient assuré de leur présence à la table ronde du Medef étaient bien là : la CFDT, la CFE CGC, UNSA, pour les salariés et le Medef et la FMBTP (Fédération Mahoraise du Bâtiment) pour les patrons. « Nous avons eu du mal à nous entendre, notamment sur le problème des licenciements des délégués », rapportait Naoioui Mohamed, président de la FMBTP et vice-président du Medef. Qui aura certainement du mal à obtenir un rétropédalage de Colas sur la sanction des salariés syndiqués grévistes.

Une Commission rassemblant syndicats et patronat

Thierry Galarme satisfait d'être arrivé à la proposition commune d'un texte
Thierry Galarme satisfait d’être arrivé à la proposition commune d’un texte

De son côté, le seul représentant de l’intersyndicale qui porte la fronde sociale, Balahache Ousseni, secrétaire départemental CFDT, fait de la levée des sanctions prises un préalable à toute discussion ultérieure avec le Medef, fusse-t-elle sur la transposition du code du travail national, « que nous souhaitons immédiate et en une seule fois ».

Cinq points sont contractualisés sur le relevé de conclusion rédigé conjointement : l’engagement de l’arrêt des poursuites contre les délégués des salariés, un accord sur la transposition progressive du code du travail soumis à l’approbation de l’Etat sur les compensations financières, la communication par la préfecture du calendrier de transposition dudit code du travail, la décision de rendez-vous trimestriels entre partenaires sociaux et la mise en place de la Commission paritaire locale de suivi entre syndicats et patronat avec formations à la clef. Un document destiné à être remis au préfet.

Le choix de Balahache

A l’heure où nous écrivons ces lignes, seuls le Medef et la CFE CGC l’avaient signé : « l’UNSA et la CFDT doivent consulter leurs bases », rapporte Thierry Galarme. Une phrase souvent entendue lors du conflit de 2011 sans que l’action soit productive. Le patron des patrons mahorais était malgré tout satisfait de la teneur des discussions et de l’accord, « et sans la présence de l’Etat ». La FMBTP doit de son côté contacter ses adhérents, dont la Colas…

Djoumoi Djoumoy Bourahima, président de la CFE CGC, se réjouit que les partenaires en présence aient pu s’exprimer franchement : « les patrons pour reprocher aux syndicalistes leurs actions et ces derniers pour exprimer leur ras le bol d’être vus comme des nuisibles. » Il voit dans la mise en place de la Commission paritaire locale un espace de médiation garant de l’expression des rancœurs sociales, « si elle avait existé, on n’en serait pas à évoquer le licenciement de délégués syndicaux ». Il est le seul à s’en remettre à la justice sur la sanction pour le blocage de l’accès à l’entreprise lors des grèves.

Deux choix s’offrent à la CFDT : soit elle calque son action sur celle de ses partenaires CGT Ma-FO et ne signera pas pour engager un rapport de force plus important avec l’Etat, soit elle se désolidarise et entérine les avancées sociales proposées.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

Anne Perzohttps://lejournaldemayotte.yt
Anne PERZO Le journal de Mayotte https://lejournaldemayotte.yt

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

AVIS DE CONSTITUTION AUTO SHOP 976

139522
  Par acte SSP du 14/09/2022, il a été constitué une SAS dénommée : AUTO SHOP 976 Siège social : 25 Rue Bahoni 97615 Pamandzi Capital :...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Campagne, politique, Mayotte

Tribune – De l’art du discours à la formule

139522
Qui pour relever les défis de nos grands orateurs du passé ? Peu de noms émergent de la tribune de Madi Abdou N'tro, voire aucun, sur les dernières campagnes, laissant sans doute "un sentiment d'imposture" chez les électeurs

Départementales Sada : remaniements en vue au conseil départemental

139522
L’issue du scrutin a parlé : c’est donc le binôme Soula Saïd Souffou/Mariam Saïd Kalame qui intègre les bancs de l’assemblée départementale. Ce qui implique des réélections au menu du conseil départemental les jours prochains. Avec l’éventualité d’une refonte complète des vice-présidences, comme nous l’expliquons

Départementales partielles : Soula S. Souffou et Mariame S. Kalame élus avec 52,26% des voix

139522
Ils étaient en tête au premier tour, et ont creusé l’écart à l’issue du second : le binôme surprise Souffou/Kalame qui n’était pas présent sous cette configuration en 2021, est le nouveau duo d’élus qui intègre le conseil départemental.
Comores, Azali Assoumani

Comores : un ténor de l’opposition appelle à une désescalade politique

139522
L’ancien gouverneur de la Grande-Comores, Mouigni Baraka Said, estime qu’il est temps de dialoguer avec le président Azali Assoumani dans l’intérêt du pays et de la population. L’homme politique se reconnait toujours dans l’opposition mais s’oppose toutefois à "ces querelles sans fin et sans véritable perspectives de sortie de crise". Une démarche mal digérée par les autres opposants qui refusent tout dialogue avec le président Azali Assoumani depuis son élection le 24 mars 2019.
Départementale, Sada, Mayotte

Départementales partielles à Sada : Saïd Souffou-Mariam Kalame en tête

139522
Le 1er tour de l'élection partielle des conseillers départementaux du canton de Sada se tenait ce dimanche 25 septembre. Le canton est toujours scruté de prés pour être l'un des épicentres politiques locaux. Les élections...