28.9 C
Dzaoudzi
mercredi 24 avril 2024
AccueiljusticeUne convention pour améliorer l'accueil des victimes de violences conjugales

Une convention pour améliorer l'accueil des victimes de violences conjugales

Les violences intrafamiliales sont un sujet "d'ampleur" à Mayotte mais le tabou est en train de tomber et les signalements se multiplient. Une convention vient renforcer le travail inter-institutionnel mené sur le sujet.

Avec 401 auditions de femmes victimes de violences conjugales en 2017 à Mayotte, les signalements seraient en hausse selon le sous-préfet Dominique Fossat, en charge de la cohésion sociale.
Un chiffre qui dit peu de choses, si ce n’est que les mentalités évoluent, et que de plus en plus de victimes prennent la parole pour faire cesser leur calvaire.
La convention signée ce lundi entre la police, le gendarmerie, le parquet et d’autres acteurs comme le Département et Mlézi Maoré vise à un meilleur traitement des informations reçues par les forces de l’ordre en vue de poursuites judiciaires.
Grosso-modo, lorsqu’une victime se rend à la gendarmerie et fait état de violences intra familiales, elle peut déposer plainte et déclencher l’action judiciaire, ou déposer une main-courante, un simple signalement en somme. Dans les deux cas, l’accueil de la victime est primordial pour qu’elle prenne sa décision en toute connaissance de cause. Un accueil qui permet aussi aux agents de cerner l’ampleur du danger potentiel. “On ne peut pas laisser la moindre parcelle d’information, au risque de passer à côté de situations dramatiques” explique le procureur.

Laurent Sabatier présente le guide d’information

Ainsi, “même si la victime ne souhaite pas déposer plainte, l’information doit donner lieu à un traitement par les policiers ou les gendarmes et une prise en charge de la victime”. Un effort d’autant plus urgent que malgré des signalements en hausse, “ce que nous voyons ne doit pas correspondre à l’étendue des faits” poursuit le procureur qui regrette encore “une insuffisance des signalements”.
Le tout étant de créer une relation de confiance entre les agents et les victimes. “Le silence est le principal ennemi de la femme agressée, poursuit le président du tribunal de grande instance Laurent Sabatier. Il faut rompre ce silence, mais dans une relation de confiance. La peur doit changer de camp, et la femme ne doit rien craindre des institutions vers lesquelles elle se tourne”, poursuit le juge qui insiste sur la protection de la victime, “la femme doit être protégée de toute réitération”.
Outre cette convention qui doit aider au travail partenarial entre les différents acteurs, ceux-ci ont aussi présenté la nouvelle édition d’un guide sur les violences faites aux femmes. Traduit en shimaoré, et nouveauté, en arabe, il se veut un outil de communication destiné aux victimes et à leurs proches. “L’objectif de la convention est faire en sorte que les faits signalés soient des faits poursuivables, résume le procureur. L’objectif du guide est que les faits commis, deviennent des faits signalés”.
Le 4e vice-président du Conseil Départemental Issa Issa Abdou insistait lui sur le prétexte religieux derrière lequel se cachent certains auteurs de violences. La religion est selon lui instrumentalisée pour faire dire que l’homme “serait supérieur à la femme. L’islam n’a jamais dit ça, ce sont des idées reçues. Cette lâcheté, qui veut qu’on utilise la religion, est un pur fantasme, une folie” tempête l’élu.
Le président Laurent Sabatier le rejoignait dans sa volonté de ne laisser se développer aucune stratégie pour minimiser ces faits. Comme le sempiternel argument “il y a aussi des hommes battus”. “De 2015 à 2018, je n’ai vu que deux cas d’hommes victimes de violences intra-familiales arriver en justice” souligne le magistrat. “Deux cas seulement, contre plusieurs centaines de femmes.” Tout aussi condamnables, ces faits restent donc bien largement minoritaires.

Y.D.

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

AVIS DE CONSTITUTION AUTO SHOP 976

139510
  Par acte SSP du 14/09/2022, il a été constitué une SAS dénommée : AUTO SHOP 976 Siège social : 25 Rue Bahoni 97615 Pamandzi Capital :...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Campagne, politique, Mayotte

Tribune – De l’art du discours à la formule

139510
Qui pour relever les défis de nos grands orateurs du passé ? Peu de noms émergent de la tribune de Madi Abdou N'tro, voire aucun, sur les dernières campagnes, laissant sans doute "un sentiment d'imposture" chez les électeurs

Départementales Sada : remaniements en vue au conseil départemental

139510
L’issue du scrutin a parlé : c’est donc le binôme Soula Saïd Souffou/Mariam Saïd Kalame qui intègre les bancs de l’assemblée départementale. Ce qui implique des réélections au menu du conseil départemental les jours prochains. Avec l’éventualité d’une refonte complète des vice-présidences, comme nous l’expliquons

Départementales partielles : Soula S. Souffou et Mariame S. Kalame élus avec 52,26% des voix

139510
Ils étaient en tête au premier tour, et ont creusé l’écart à l’issue du second : le binôme surprise Souffou/Kalame qui n’était pas présent sous cette configuration en 2021, est le nouveau duo d’élus qui intègre le conseil départemental.
Comores, Azali Assoumani

Comores : un ténor de l’opposition appelle à une désescalade politique

139510
L’ancien gouverneur de la Grande-Comores, Mouigni Baraka Said, estime qu’il est temps de dialoguer avec le président Azali Assoumani dans l’intérêt du pays et de la population. L’homme politique se reconnait toujours dans l’opposition mais s’oppose toutefois à "ces querelles sans fin et sans véritable perspectives de sortie de crise". Une démarche mal digérée par les autres opposants qui refusent tout dialogue avec le président Azali Assoumani depuis son élection le 24 mars 2019.
Départementale, Sada, Mayotte

Départementales partielles à Sada : Saïd Souffou-Mariam Kalame en tête

139510
Le 1er tour de l'élection partielle des conseillers départementaux du canton de Sada se tenait ce dimanche 25 septembre. Le canton est toujours scruté de prés pour être l'un des épicentres politiques locaux. Les élections...