26.9 C
Dzaoudzi
mercredi 29 mai 2024
AccueilEducationA Bandrélé, les violences entre villages dans le collimateur

A Bandrélé, les violences entre villages dans le collimateur

Une réunion publique était organisée au collège de Bandrélé pour échanger sur les bagarres entre bandes de villages différents. Un fléau qui touche les abords des établissements scolaires, et prend de graves proportions.

Le phénomène est assez récent et “prend de l’ampleur depuis une paire d’années” déplore Maïdat Daoudou, coordinatrice du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). “On a constaté qu’il y a une problématique de conflits intervillageois. C’est de là qu’est venue l’idée d’une réunion publique, pour sensibiliser parents et élèves”

“On n’arrive pas à identifier la cause de ces conflits, c’est aussi pour ça qu’on fait cette réunion” poursuit-elle.
Pour les participants, les causes sont multiples. Mais le plus souvent, il s’agirait plus d’un regard, ou d’une provocation, qui servirait de prétexte, que d’une rivalité plus ancienne à la Roméo et Juliette.

Maïdat Daoudou, coordinatrice du CLSPD de Bandrélé

“Ca part d’un regard de travers, et ça finit sur des violences, des vols, voire des agressions sexuelles” note l’adjudant-chef Toussaint de la brigade de M’Zouazia. “L’école, poursuit-il, n’est pas là pour arbitrer des problèmes bénins, mais qui finissent parfois avec un coup de couteau et de la prison.”
L’officier rappelle que ces violences ont des conséquences. Sur la vie des élèves d’abord, puisque qu’ils finissent souvent sanctionnés, en interne comme les 13 élèves exclus plus de 8 jours du collège en octobre, ou par la justice. Sur celle de leurs proches ensuite, puisque “la responsabilité des parents peut être engagée”, rappelle le gendarme. Que ce soit pour payer des indemnités, ou comme responsables légaux du mineur poursuivi.

“L’enfant ne demande qu’à être valorisé”

Un état de fait qui repose la question de la parentalité à Mayotte. “Est ce que je peux m’occuper de mon enfant ?” s’inquiète un papa dans la salle. “Il est du devoir de chaque parent de s’occuper de son enfant” lui répond l’adjudant Chanfi, commandant de la brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ) créée en août dernier en réponse aux violences du début d’année.

L’adjudant Chanfi, commandant de la BPDJ

“On peut éduquer un enfant sans lui porter atteinte poursuit le gendarme. L’enfant ne demande qu’à être valorisé, il faut privilégier les solutions de dialogue avec lui, pour éviter les situations de conflit.”
Le proviseur de la cité scolaire témoigne avoir vu un parent, à l’entrée du collège, empêcher une bagarre et inviter les protagonistes à s’affronter loin du collège, comme si le recours à la violence était plus acceptable à l’extérieur de l’établissement. “Les gamins sont pris dans un système qui les a poussés dans la violence, analyse le chef d’établissement. Il y a une responsabilité collective qui s’entretient génération après génération”.
Un autre papa présent estime qu’il faudrait “plus de réunions à l’avenir, mais dans des lieux publics à l’extérieur des collèges, pour que tout le monde puisse participer”.
En attendant, le 20 février, une action sur les droits et devoirs des parents aura lieu à Bandrélé.
Un jeune a toutefois souhaité se monter rassurant. “On sait que tôt ou tard on devra chercher un emploi, c’est aussi pour ça qu’on va à l’école” a-t-il commenté, soucieux de ne pas réduire toute la jeunesse à ces minorités violentes.
Y.D.

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

AVIS DE CONSTITUTION AUTO SHOP 976

139510
  Par acte SSP du 14/09/2022, il a été constitué une SAS dénommée : AUTO SHOP 976 Siège social : 25 Rue Bahoni 97615 Pamandzi Capital :...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Campagne, politique, Mayotte

Tribune – De l’art du discours à la formule

139510
Qui pour relever les défis de nos grands orateurs du passé ? Peu de noms émergent de la tribune de Madi Abdou N'tro, voire aucun, sur les dernières campagnes, laissant sans doute "un sentiment d'imposture" chez les électeurs

Départementales Sada : remaniements en vue au conseil départemental

139510
L’issue du scrutin a parlé : c’est donc le binôme Soula Saïd Souffou/Mariam Saïd Kalame qui intègre les bancs de l’assemblée départementale. Ce qui implique des réélections au menu du conseil départemental les jours prochains. Avec l’éventualité d’une refonte complète des vice-présidences, comme nous l’expliquons

Départementales partielles : Soula S. Souffou et Mariame S. Kalame élus avec 52,26% des voix

139510
Ils étaient en tête au premier tour, et ont creusé l’écart à l’issue du second : le binôme surprise Souffou/Kalame qui n’était pas présent sous cette configuration en 2021, est le nouveau duo d’élus qui intègre le conseil départemental.
Comores, Azali Assoumani

Comores : un ténor de l’opposition appelle à une désescalade politique

139510
L’ancien gouverneur de la Grande-Comores, Mouigni Baraka Said, estime qu’il est temps de dialoguer avec le président Azali Assoumani dans l’intérêt du pays et de la population. L’homme politique se reconnait toujours dans l’opposition mais s’oppose toutefois à "ces querelles sans fin et sans véritable perspectives de sortie de crise". Une démarche mal digérée par les autres opposants qui refusent tout dialogue avec le président Azali Assoumani depuis son élection le 24 mars 2019.
Départementale, Sada, Mayotte

Départementales partielles à Sada : Saïd Souffou-Mariam Kalame en tête

139510
Le 1er tour de l'élection partielle des conseillers départementaux du canton de Sada se tenait ce dimanche 25 septembre. Le canton est toujours scruté de prés pour être l'un des épicentres politiques locaux. Les élections...