27.9 C
Dzaoudzi
mardi 23 avril 2024
AccueilOcéan IndienElectricité: Les Comores rêvent de stabilité énergétique

Electricité: Les Comores rêvent de stabilité énergétique

La Une du journal Al Watwan, saluant l'inauguration de la centrale électrique
La Une du journal Al Watwan, saluant l’inauguration de la centrale électrique

C’était une des conditions préalables à tout décollage économique aux Comores : mettre un terme à la crise énergétique et permettre au pays d’être alimenté en permanence en électricité. Et cette condition est peut-être en passe d’être réalisée. Ce dimanche, Azali Assoumani a présidé la cérémonie officielle d’ouverture d’une centrale équipée de nouveaux groupes électrogènes. «Enfin le bout du tunnel», annonce en titre le journal comorien Al-Watan, surpris par l’affluence populaire pour cette inauguration, «comme si chacun tenait à venir ‘enterrer’ ici, à Vwadjuu, plus d’une décennie de délestages et à assister, en même temps, à ce jour ‘historique’».

«C’est un engagement que j’avais pris devant tous mes compatriotes, celui de mettre un terme aux délestages, d’assurer une fourniture régulière de l’électricité», a déclaré le chef de l’Etat comorien mettant en avant la possibilité d’un développement économique. Les délestages, imprévisibles et qui duraient pendant des heures dans la capitale et parfois des semaines dans le reste de l’île, ont fini par paralyser le fonctionnement de la majorité des petites entreprises. Mais pour le président comorien, il s’agit aussi avec ce nouvel équipement de «garantir la survie quotidienne des ménages».

Une capacité supérieure aux besoins actuels

Composée de neuf groupes, cette nouvelle centrale doit avoir la capacité d’alimenter en électricité l’intégralité de la Grande Comore 24 heures sur 24. Leurs 18 mégawatts annoncés doivent en effet permettre de couvrir largement les besoins énergétiques de l’île, estimés à 13 mégawatts au maximum.

.
Cette réalisation était un des engagements de campagne d’Azali Assoumani

«Rien, absolument et rien, n’est envisageable, quelle que soit la motivation, sans une énergie stable à un prix raisonnable. L’Etat a déboursé près de 7 milliards de francs comoriens (plus de 14 millions d’euros), l’équivalent de trois mois de salaires, parce que l’énergie est la priorité des priorités d’un gouvernement», a expliqué Azali Assoumani.

L’appui de la BAD

Le vice-président en charge de l’Energie, Djaffar Ahmed Saïd, a rappelé quant à lui, les difficultés que le pays a dû surmonter pour parvenir à installer cette nouvelle centrale: «Trouver les sept milliards n’a pas été chose aisée. Parce qu’il s’agit bien de fonds propres. Si nos prédécesseurs n’ont pas pu réaliser ceci, ce n’est pas parce qu’ils ne le voulaient pas, mais tout simplement parce qu’ils comptaient beaucoup sur l’aide extérieure».

En réalité, ces groupes électrogènes livrés par la société Caterpillar en novembre dernier, ont été financé avec l’appui de la Banque africaine de développement. Le projet comprend également l’appui technique d’une équipe française qui a collaboré à sa mise en œuvre.

Mais tout est loin d’être réglé. Ce retour de l’électricité en continu devait être simultanée sur l’ensemble de la Grande Comore. Ce n’est pourtant pas le cas car il faut encore réhabiliter une grande partie du réseau et la question des financements se pose une nouvelle fois. Les factures réglées par des consommateurs au niveau de vie peu élevé ne permettra pas de boucler les budgets.

Une nouvelle ère ?

Et si le directeur d’exploitation de la nouvelle centrale, Bernard Orliao, a parlé «d’une ère nouvelle pour les Comores», de nombreux observateurs et citoyens se montrent prudents. Certes, personne aux Comores ne boude son plaisir. Mais ils sont aussi nombreux à se souvenir qu’Azali Assoumani avait déjà inauguré une nouvelle centrale à Vwadju lors de son premier passage à la présidence. L’électricité a effectivement irrigué le pays avant que les pannes et les mauvaises gestions ne s’accumulent, ramenant l’énergie comorienne à la case départ.

Si rien n’est donc jamais acquis, la réalisation est évidemment à mettre au crédit du nouveau pouvoir, comme l’achèvement rapide de la route entre la capitale et l’aéroport, une autre réalisation attendue. Aux Comores, sans en rajouter, on se prend effectivement à croire en une nouvelle ère.

RR
www.lejournademayotte.com

1 COMMENTAIRE

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

AVIS DE CONSTITUTION AUTO SHOP 976

139122
  Par acte SSP du 14/09/2022, il a été constitué une SAS dénommée : AUTO SHOP 976 Siège social : 25 Rue Bahoni 97615 Pamandzi Capital :...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Campagne, politique, Mayotte

Tribune – De l’art du discours à la formule

139122
Qui pour relever les défis de nos grands orateurs du passé ? Peu de noms émergent de la tribune de Madi Abdou N'tro, voire aucun, sur les dernières campagnes, laissant sans doute "un sentiment d'imposture" chez les électeurs

Départementales Sada : remaniements en vue au conseil départemental

139122
L’issue du scrutin a parlé : c’est donc le binôme Soula Saïd Souffou/Mariam Saïd Kalame qui intègre les bancs de l’assemblée départementale. Ce qui implique des réélections au menu du conseil départemental les jours prochains. Avec l’éventualité d’une refonte complète des vice-présidences, comme nous l’expliquons

Départementales partielles : Soula S. Souffou et Mariame S. Kalame élus avec 52,26% des voix

139122
Ils étaient en tête au premier tour, et ont creusé l’écart à l’issue du second : le binôme surprise Souffou/Kalame qui n’était pas présent sous cette configuration en 2021, est le nouveau duo d’élus qui intègre le conseil départemental.
Comores, Azali Assoumani

Comores : un ténor de l’opposition appelle à une désescalade politique

139122
L’ancien gouverneur de la Grande-Comores, Mouigni Baraka Said, estime qu’il est temps de dialoguer avec le président Azali Assoumani dans l’intérêt du pays et de la population. L’homme politique se reconnait toujours dans l’opposition mais s’oppose toutefois à "ces querelles sans fin et sans véritable perspectives de sortie de crise". Une démarche mal digérée par les autres opposants qui refusent tout dialogue avec le président Azali Assoumani depuis son élection le 24 mars 2019.
Départementale, Sada, Mayotte

Départementales partielles à Sada : Saïd Souffou-Mariam Kalame en tête

139122
Le 1er tour de l'élection partielle des conseillers départementaux du canton de Sada se tenait ce dimanche 25 septembre. Le canton est toujours scruté de prés pour être l'un des épicentres politiques locaux. Les élections...